Amandine de Souza (leboncoin) : « Il y a toujours un retour quand on investit dans l’humain »

Dans notre dernier épisode, Amandine de Souza rejoint Geoffrey pour nous expliquer le rôle de leboncoin dans l’écosystème du recommerce, mais aussi dans sa vie. Elle fit parfaitement avec la culture de l’entreprise en apportant une vraie valeur de partage de tous ses apprentissages avec ses équipes. Amandine utilise également son rôle de DG pour soutenir d’autres femmes qui veulent arriver là où elle est aujourd’hui.

Quelle est la chose dont tu es la plus fière aujourd’hui ?

Naturellement, je vais déjà mentionner mes deux enfants de dix et douze ans qui sont en bonne santé et assez épanouis. A titre personnel, d’avoir rejoint une entreprise qui est capable de faire bouger les lignes d’une consommation plus responsable.

Je trouve que c’est une énorme responsabilité d’être à la tête du boncoin parce que c’est nous aussi qui faisons que le marché de la seconde main croît à plus de 20% par an. On est un acteur qui a vraiment une voix importante et qui peut faire bouger les choses pour défendre une économie circulaire. Je suis extrêmement fière de pouvoir justement agir sur ce terrain-là. 

Est-ce que tu penses que l’équilibre vie pro/vie perso est un rêve ou une réalité ?

C’est plutôt un mix, parce que ça fait sept mois que j’ai rejoint leboncoin, donc c’est encore récent. Je pense qu’il y a toujours des périodes où il faut savoir s’écouter et mettre en place des temps qualitatifs, soit pour tes enfants, soit pour ta moitié, mais aussi pour moi et mon réseau. On a une vie très sociale avec mon conjoint et c’est hyper important pour nous de pouvoir avoir ce temps. Ca me nourrit énormément.

Ma vie pro et ma vie perso sont très perméables, mais ça, c’est très personnel et c’est à chacun de vivre comme il le sent. Évidemment que je suis pour la déconnexion des équipes et je suis vigilante : quand je réponds à mes mails à 23h, je m’assure toujours qu’ils ne partent que le lendemain à 9h pour respecter la vie des autres.

Je re-bosse en week-end, c’est pas une chose qui me dérange. Donc, je suis justement libre de pouvoir gérer mon emploi du temps comme je l’entends et j’ai cette chance parce que quand tu diriges une entreprise, tu peux aussi être plus souple sur ton emploi du temps. Je sais la chance que j’ai à ce sujet.

Tu as des outils ou des apps au quotidien qui t’aident à être plus efficace et mieux organisée ?

J’utilise de plus en plus notre ChatGPT interne qu’on a développé et qui porte le doux petit nom d’Ada. Je l’utilise pour certaines tâches, pour gagner du temps et améliorer ma productivité.

Je suis aussi assez addict à ma Garmin. C’est une montre connectée qui suit mon sommeil et mon sport. Je suis curieuse et de temps en temps, je regarde et me dit « c’est quoi l’étape de sommeil dans lequel que j’étais ? ».

Nous, au sein de la boîte, on utilise Slack qui évidemment est un outil qu’il faut savoir maitriser parce que sinon tu peux te faire submerger aussi par les différentes chaînes de communication. En même temps, il permet une certaine réactivité sur certains sujets qui fait qu’ils peuvent être traités de façon plus rapide que des entreprises que j’ai connues, historiquement plutôt gérées par email.

En dehors du boncoin, est-ce qu’il y a une autre boîte qui t’inspire et que tu aurais aimé diriger ?

Non, parce que, pour l’instant, la dream boîte, c’est leboncoin pour moi.

Mais sinon, il y a plein de boîtes dont je suis super admirative dans l’univers de la tech. Jonathan Cherki chez Contentsquare ou encore Green Got. Il y a aussi Nicolas Cohen d’Ankorstore, qui essaye de promouvoir le commerce de proximité par sa marketplace pour les pros.

Il y a plein d’initiatives que je trouve hyper intéressantes et des entrepreneurs dont les trajectoires et les bonnes idées qu’ils développent me semblent tout à fait innovantes.

Est-ce qu’il y a une personne que tu as pu croiser dans ta carrière qui t’a marqué et qui t’inspire particulièrement ?

Ce qui me nourrit, ce qui m’aide et me forge, ce sont les différents réseaux que j’ai rejoints. Je profite plus de ces échanges multiples que des échanges individuels.

Honnêtement, je suis souvent sollicitée par des femmes pour des cafés réseaux, pour les aider et les mettre en relation, ce que j’essaie beaucoup de faire parce que je trouve que c’est bien aussi de tendre la main à des gens qui sont dans d’autres situations. Je n’y vais pas pour ça, mais je trouve qu’il y a toujours un retour lorsqu’on investit dans l’humain. À un moment donné, tu vas avoir besoin d’un truc et tu as déjà rencontré la personne qui finalement va t’aider.

Ce réseau est fondamental et en France, on ne le fait pas assez. C’est vraiment le conseil que je donne à chaque fois aux plus jeunes, de commencer très tôt à le faire, d’être un moteur et proactif. On a pris parti avec une amie de fonder notre propre premier réseau et de faire de la cooptation de femmes avec qui on avait envie de passer du temps. C’est une action à cultiver.

Tu me recommanderais qui à ce micro ? Une personne qui aura un parcours un peu inspirant dans le monde entrepreneurial ou tech, mais qui a quelque chose à raconter et que tu trouves assez captivant.

Je pourrais te conseiller la fondatrice de Debongout. Elle s’appelle Claire Leblon-Faure, et elle a une super boîte qui est justement à la fois tech et retail, et développe l’univers de la maison en faisant à la fois une curation intéressante des produits. Je trouve qu’elle a le bon business model et elle commence à performer. Voilà, c’est une jeune boite, mais je trouve qu’elle est hyper intéressante.

C’est bien noté. Est-ce qu’il y a un conseil qu’on t’a donné qui s’est avéré utile jusqu’ici ?

Mon premier manager quand je suis arrivée chez Casino était vraiment une figure qui m’a marqué en tant qu’individu. Il s’appelle Jean Luc Dubost c’est vraiment une figure du retail qui offrait à chaque nouvel arrivant Les quatre accords toltèques.


C’est un livre auquel je me référence assez souvent, notamment de ne rien prendre personnellement. C’est le plus difficile des quatre, mais c’est vieux comme le monde. De temps en temps, je trouve que c’est bien de revenir à la source, de ne pas faire de suppositions, que ta parole soit impeccable et de toujours donner le meilleur de toi-même. Je trouve qu’à la fin de la journée, quand tu respectes ces quatre idées, tu te sens assez épanoui.

Tu peux me dire quelque chose sur toi que les gens seraient surpris d’apprendre ?

J’ai un rituel qui me sauve : tous les dimanches, je me couche à 20h30. Oui, c’est possible !

Pendant la semaine, je ne dors pas beaucoup, mais j’adore dormir. C’est ma passion numéro un et j’ai la chance d’avoir un sommeil réparateur. Franchement, je sais que ça a l’air d’une plaisanterie mais je pense que ça drive l’énergie qu’on peut avoir au quotidien. C’est pour ça que le dimanche, je me couche même avant mes enfants et je me fais une nuit entre dix et douze heures qui me permet de tenir toute la semaine en rechargeant mes batteries jusqu’au prochain dimanche.

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