Rami Baitieh, ex-CEO de Carrefour : simplifier, la pierre angulaire d’un bon manager 

Si vous voulez faire d’une pierre deux coups et en savoir plus sur Rami Baitiéh tout en apprenant les clés d’un leadership efficace, cet article est fait pour vous. 

La simplification : le casse-pierre définitif 

« J’ai l’impression, pour avoir discuté avec beaucoup d’entrepreneurs, que savoir simplifier des problématiques est une des grandes qualités des dirigeants. Quelle est la méthodologie quand on est face à quelque chose qu’on a l’impression de pas maîtriser pour arriver à la comprendre dans son ensemble ? 

C’est très simple.  

Moi, quand je suis sur une route et que je trouve devant moi un rocher, je ne peux pas bouger le rocher avec mes bras. Je n’ai pas la capacité et les muscles suffisamment développés pour le bouger. Le rocher, c’est un très gros problème complexe.  

Alors, qu’est-ce que je fais ?  

Je n’ai pas le choix, c’est ma route, donc je prends mon marteau et je divise le rocher en plus petites pierres. La pierre, je peux la déplacer et si je ne peux pas, je la divise en cailloux et le caillou, je peux le déplacer. Si je ne peux pas déplacer le caillou parce que je n’ai pas un poste à responsabilité énorme, je divise le caillou en poussière et je marche dessus. » 

Apportez votre pierre à l’édifice : comment gérer le problème pour qu’il se déroule sans heurts  

« Tout au long de ma carrière, j’ai remarqué que certains dirigeants ou personnalités de tous secteurs ont tendance à rendre le caillou plus important, jusqu’à en faire un rocher. Moi, je pense qu’il faut faire l’inverse. Il faut prendre le rocher et le diviser. Il faut le diviser de manière objective. Quand on retire l’arrogance, quand on retire la subjectivité, quand on retire le calcul mathématique et qui sera derrière, on va voir que finalement ce n’est plus un rocher, ce sont des pierres. 

Donc, il faut décomposer. De cette manière-là, on voit le problème bien plus clairement.

Nous, en tant que dirigeants, on a la responsabilité de prendre les gros problèmes et de les mâcher, de les travailler, de les simplifier et de les donner à nos équipes de la manière la plus digérable possible.

Alors que quand on a étudié ou quand on est passé par les problèmes mathématiques les plus complexes, on a tendance à penser que ces mauvais résultats sont forcément dus à un gros problème. Le gros problème nécessite de grandes solutions, alors que ce n’est pas forcément ça. »

Compliqué ou complexe ? La pierre de touche pour savoir si quelqu’un est prêt pour une tâche

« Il y a une vraie différence entre complexe et compliqué. 

Pour moi, les choses complexes sont une collection de plusieurs choses. Alors que quelque chose de compliqué, là, on est dans l’impasse. Donc je préfère complexe à compliqué. 

Complexe implique que je peux décomplexer et décomposer le rocher, et c’est pour cela que je préfère toujours utiliser pour un sujet très sérieux le mot complexe.  

C’est à nous de rendre les problèmes les plus compliqués, complexes. Je me rappelle, je parlais avec un directeur régional. Il me dit “ma région est très difficile”. Alors que la notion de difficulté est liée à la personne, elle n’est pas liée à la tâche. Si je demande à un athlète de sauter d’un mètre, il ne va pas me dire que c’est difficile. 

Décomplexifier les choses, c’est diviser le problème et le traiter. D’ailleurs, je me demande si les chirurgiens et les médecins ne font pas ça tous les jours de manière tout à fait naturelle. Aller chercher exactement là où il y a le problème, le cerner et le traiter. » 

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